Fin 2025, 2 articles partageant des points de vue de scientifiques de l'UMR G-EAU sont parus dans la revue en ligne "démocratieS", le média critique de la participation.
Les nappes phréatiques sont à des niveaux très hauts
Pour comprendre ce que ça signifie vraiment, écoutez l'ITW de Perrine Fleury Hydrogéologue au BRGM de Montpellier.
Elle était l’invitée de ICI MATIN – ICI Hérault ce matin !
Au micro, elle explique simplement :
- ce que disent les nappes aujourd’hui
- le rôle des pluies récentes
Lien ci-dessous pour en savoir +
Cette thèse de doctorat s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet de recherche multipartenaires intitulé « ThermieFrance », lauréat de l’AAP Wall-Free Lab du programme OneWater, dont l’ambition est d’étudier les impacts du changement global sur la température des eaux de surface et de mettre en œuvre des acquisitions de données et des outils pour une meilleure adaptation écologique et socio-économique.
Le projet ThermieFrance, co-construit entre les scientifiques et les acteurs de l’eau, est structuré en deux axes scientifiques (WP1 et WP2) à dominantes respectives sciences physiques et écologiques aux échelles spatiales nationales et locales, et en un axe transversal (WP3) en sciences de l’action. ThermieFrance vise à répondre à plusieurs questions scientifiques et à lever des verrous grâce aux travaux de thèse, post-doctorat et master, travaillant en synergie entre eux et avec les acteurs de l’eau.
L’utilisation des anomalies thermiques par les poissons sensibles à la température (c’est-à-dire les anomalies thermiques devenant effectivement des refuges thermiques) est contrôlée par (1) le fonctionnement hydrothermique des anomalies thermiques et (2) le comportement des poissons en réponse au stress thermique, à la fois à l’échelle individuelle et à l’échelle de la population. Le WP2 du projet ThermieFrance vise à identifier les facteurs clefs du fonctionnement hydrologique et thermique des sections de rivière dont la température est régulée par les apports d’eau souterraine (la thèse présentement décrite) et d’évaluer l’utilisation des anomalies thermiques par les poissons et les conséquences écologiques dans le contexte du changement climatique (thèse complémentaire).
Cette thèse s’articule autour de quatre grandes tâches :
- Tâche 1 : Etablissement d’une typologie des anomalies thermiques dépendant des eaux souterraines en analysant les données existantes collectées au cours de la dernière décennie dans une grande variété de contextes hydrogéologiques (Argens, Drac, Veyle – projet ESTHER du BRGM et de l’AERMC). Une classification simple des refuges thermiques en fonction de l’origine de l’eau (aquifère profond, aquifère local, recyclage hyporhéique, affluent froid) sera ainsi développée.
- Tâche 2 : Etude de la dynamique des aquifères et de la variabilité temporelle des anomalies thermiques par le biais de l’instrumentation sur le terrain des refuges thermiques connus. En particulier, le régime hydrodynamique des aquifères (basses eaux, crues, vitesse de réponse aux changements de régime etc.) sera évalué pour comprendre son effet sur la géométrie et l’étendue spatiale des anomalies thermiques. Plusieurs méthodes seront déployées et combinées, notamment l’imagerie IRT aéroportée multitemporelle par drone, les profils longitudinaux et latéraux de température d’une série de paramètres physicochimiques (conductivité électrique, oxygène dissous, température), des enregistreurs de température et de niveau d’eau in-situ etc.
- Tâche 3 : Modélisation analytique des échanges de chaleur afin de déterminer quelles anomalies thermiques sont les plus vulnérables au changement climatique et les paramètres les plus décisifs pour assurer leur durabilité et leur longévité.
- Tâche 4 : Développement d’indicateurs fonctionnels de l’état des échanges nappe-rivière à l’échelle d’un système ou d’un sous-système fluvial, pour diagnostiquer la présence/absence d’anomalies thermiques dépendant de l’eau souterraine, ainsi que pour la restauration et la conservation.
Au Sénégal, dans l’arrondissement de Fimela (Sine Saloum), l’absence de cours d’eau douce de surface rend les populations dépendantes de lentilles d’eau douce rechargées par la pluie et exploitées via des puits manuels.
Ces lentilles sont vulnérables à la salinisation, car leur volume et leur stabilité diminuent lorsque la recharge baisse (diminution des pluies, augmentation de l’évapotranspiration) et que les prélèvements augmentent. Une lentille amincie devient alors plus exposée aux apports salés, notamment par intrusion depuis la nappe salée sous-jacente et par transfert de salinité depuis les sols salés superficiels, appelés localement tannes.
Ce travail de recherche s’appuie sur une approche interdisciplinaire visant à caractériser le fonctionnement des lentilles d’eau douce, leur variabilité spatiotemporelle et leur vulnérabilité. Le volet hydrogéologique combine imagerie géophysique, suivi des propriétés physiques et chimiques de l’eau (pression, température, conductivité) et analyses chimiques afin de contraindre l’état des lentilles, leurs évolutions et les gradients de salinité. Le volet sociohydrologique alimente le Living Lab de Fimela à partir d’enquêtes et d’observations de terrain, afin de documenter les usages et d’identifier les déterminants des prélèvements.
© Photo Luisa Barquero
En parallèle, la recherche mobilise la modélisation d’accompagnement, notamment le théâtre forum et des modèles multi agents, pour coproduire avec les parties prenantes des représentations des dynamiques et des usages de l’eau.
La finalité du travail est d’alimenter la réflexion territoriale autour d’options de gestion participative de l’eau adaptées au contexte local.
Mots clés : lentilles d’eau douce, salinisation, fimela, géophysique, hydrogéochimie, living lab, participation
Lors du Seminaire ICIREWARD Sc. Sociales du mardi 13 janvier de 9h30 à 12h00, Fabienne Wateau – Anthropologue, Directrice recherche au CNRS – LESC est intervenue pour présenter :
Titre : Au fil de l’eau : Conflits ou Communs ? Menace ou Opportunité ? Restitution et participation
Fabienne Wateau a travaillé sur des conflits liés à l’eau dans la vallée du Rio Minho au Portugal dans un contexte de transformation rapide de la polyculture irriguée en monoculture viticole après l’entrée du Portugal et de l’Espagne dans l’Union européenne. Elle a ensuite étudié les effets d’un grand barrage dans une région aride du sud-est portugais, impliquant l’engloutissement d’un village et une recomposition profonde des espaces, des relations sociales et des discours identitaires. Suivant les habitants déplacés à toutes les étapes, elle a analysé leurs engagements publics. Parallèlement, elle a mené une recherche sur les instruments de mesure de l’eau, afin de comprendre les logiques de représentation et la durabilité de systèmes anciens de partage. Elle travaille aujourd’hui sur la pollution et les risques sur un nouveau terrain agricole situé près d’un complexe chimique et la lagune d’Aveiro au Portugal.
L'État de Ceará au Brésil dépend principalement des ressources en eau stockées dans ses réservoirs ("açudes"). Si la plupart des açudes sont privés et relativement petits, les plus grands sont généralement communautaires ou publics.
Le bassin de Bouregreg au Maroc, est très peuplée, avec une agriculture intense et un climat semi-aride. L'irrigation s'étend sur la plaine et elle est assurée par les oueds, et par un pompage généralisé de l’eau souterraine qui connait un épuisement. Dans les conditions actuelles de diminution des précipitations, de diminution des apports des oueds et de l'augmentation de la demande en eau d'irrigation, l’eau souterraine est de plus en plus surexploitée et connait une baisse accélérée qui menace la durabilité de la ressource et de l’irrigation. Dans ce contexte, il est nécessaire de caractériser l’eau souterraine utilisée pour l’irrigation et évaluer sa durabilité.
La présente thèse a pour objectifs de délimiter les zones de recharge, d’identifier les sources de recharge (eau de pluie, oueds, retours d’irrigation), d’analyser les contaminant émergents dans les aquifères, et d’analyser la relation hydraulique entre l’amont (zone potentielle de recharge) et l’aval (zone d’exploitation). Les résultats obtenus serviront à évaluer la durabilité de la ressource en eau en identifiant les ressources renouvelables de celles non renouvelables, en étudiant les processus de recharge et d’écoulement, et en mettant en évidence l’évolution de la qualité des eaux souterraines du bassin.
Mots clés : recharge des eaux souterraines, qualité des eaux souterraines, ressources en eaux souterraines
Vous êtes chaleureusement conviés à participer au séminaire ICIREWARD-SHS organisé par l’UMR GEAU en partenariat avec le Centre Unesco de l’Eau de Montpellier, le mardi 16 décembre de 2025 de 10h à 12h30, en présentiel sur le site INRAE Lavalette (rue Jean-François Breton, Montpellier) - salle Aquadémie, ou à distance via ce lien.
Intervention de Frances Cleaver - Professeure émérite, Lancaster Environment Centre, Université de Lancaster
Titre : Take back control of our water! ( But how?)
Résumé : The privatised water system in England is in perma-crisis with recurring sewage spills, rising household bills, financial profiteering and criminal prosecutions of water companies. The crisis is salient in the news and 82% of people favour public ownership of water. Why then are politicians so reluctant to take back control of the water system?
In this seminar I reflect on the work of the People’s Commission on the Water Sector – an initiative to make an evidence-based case for public ownership. I suggest some reasons why the shift from a failing private system to public ownership is so difficult to achieve in England, despite positive examples from other European countries.
Lors du vendredi 12 décembre 2025 à 11h. Sylvain Massuel a présenté la planche de BD intitulée : « Et mes manguiers !? »
Résumé : Dans cette planche, Sylvain a souhaité partager une histoire illustrant le décalage qui peut avoir lieu entre les aspirations de la recherche, son fonctionnement, et les attentes des acteurs concernés, notamment sur les terrains d’études aux Suds.
La séance débutera par le retour de Romain Valadaud sur sa lecture de la planche, puis Sylvain nous présentera plus en détail le message qu’il a voulu transmettre. Enfin, une discussion sera ouverte à tous les participants qui seront libres d’exprimer leurs ressentis ainsi que les expériences ou travaux auxquels cela fait écho.
Vous êtes invités à prendre connaissance de la planche (ci-après) avant la séance :
Venez nombreux !
Le séminaire ICIREWARD-Sciences Sociales organisé par l’UMR GEAU en partenariat avec le Centre Unesco de l’Eau de Montpellier, le vendredi 5 décembre 2025 de 10h à 12h30 sur le site HYDROPOLIS Lavalette (rue Jean-François Breton, Montpellier) - salle Aquadémie, traitait du sujet suivant : Penser la robustesse de l’eau
En présence de :
Olivier Hamant est directeur de recherche INRAE au laboratoire de Reproduction et Développement des Plantes (RDP) à l'ENS de Lyon,
Marcel Kuper est directeur de recherche CIRAD à l’UMR G-EAU (Gestion de l’Eau, Acteurs et Usages) à Montpellier.
Dans le domaine de l’eau, la recherche de l’optimisation et de l’efficience pour s’adapter face aux effets du changement climatique fait débat, aussi bien en termes de durabilité, d’efficacité que de justice environnementale.
Cette séance du séminaire ICIREWARD-SHS Unesco a pour objectif d’alimenter ces réflexions autour de la question de l’eau en mettant en regard le concept de « robustesse » proposé par Olivier Hamant : « qui se construit d’abord sur l’hétérogénéité, la redondance, les aléas, le gâchis, la lenteur, l’incohérence… bref, contre la performance »*, et une réflexion empirique de Marcel Kuper élaborée à partir de nombreux travaux de terrain menés au Maghreb, qui mettent en lumière les implications concrètes des politiques d’efficience dans le domaine de l’eau agricole.
*Hamant, O. 2023, Antidote au culte de la performance. La robustesse du vivant. Tracts, n°50, Gallimard.





